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20 ans d’initiatives de revitalisation
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Thème 3 / Capacité d’agir collective

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DÉC


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Biographie
du commentateur 

Jean-François Aubin

Jean-François Aubin est directeur du Réseau québécois de revitalisation intégrée (RQRI).

 

Biographie
du commentateur 

Jean-François Aubin

Jean-François Aubin est directeur du Réseau québécois de revitalisation intégrée (RQRI). Il a travaillé auparavant à titre de coordonnateur de la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières où il a initié un projet de revitalisation qui poursuit ses activités. Il a également été le responsable des relations internationales au Chantier d’économie sociale en 2011-2012. Il a été le tout premier directeur de la corporation de développement économique communautaire (CDEC) de Trois-Rivières en 1996. Tout son parcours va dans le sens du développement des communautés. 

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La mobilisation des collectivités, est-ce que c’est une fin en soi ou un moyen?

Est-ce que mobiliser une collectivité est déjà un résultat, un succès, peu importe les résultats, ou on le fait comme un moyen pour obtenir des résultats et changer la réalité des gens?


Quatre stratégies de mobilisation des collectivités

La formation des leaders (saisir les enjeux, la complexité, les habilités politiques, etc.)

Le développement de la capacité organisationnelle des associations, des organismes impliqués dans la revitalisation des territoires.

Bâtir le capital social (créer des liens, le sentiment d’appartenance).

Augmenter la capacité d’agir collectivement.

 

La mobilisation des collectivités, est-ce que c’est une fin en soi ou un moyen?

Est-ce que mobiliser une collectivité est déjà un résultat, un succès, peu importe les résultats, ou on le fait comme un moyen pour obtenir des résultats et changer la réalité des gens?

discutons-en

9 commentaires pour le thème "Capacité d’agir collective"

    Petit commentaire de France où je lis attentivement ces échanges fructueux et passionnants.
    Pour répondre à la question posée, il me semble que la mobilisation des collectivités n’est pas une fin en soi mais un moyen. Le terme “collectivités’ revêt en France un sens spécifique puisqu’il renvoie aux institutions publiques administratives chargés d’une mission de service public au regard des besoins d’une population sur une territoire donné. Mobiliser des habitants nécessite de savoir pourquoi on le fait, si ce n’est pour une amélioration des conditions de vie, de la qualité de vie voire même le bien-être pour tous. Globalement en France et même si de nombreuses initiatives prouvent le contraire -heureusement dans le cadre de la politique de la ville entre autres!-, travailler en mode projet avec comme enjeu, la mobilisation des habitants, reste une gageure tant elle peut être décriée par nombre d’acteurs d’autant plus si elle est portée comme un “étendard”. A la différence de la vision anglo-saxonne, j’ajoute que ces questions renvoient à notre modèle socio-culturel puisque les garants de l’intérêt général sont les élus et les fonctionnaires. Ainsi, la mobilisation des habitants est “affaire de persuasion” auprès des collectivités, des associations , à partir d’un lent cheminement autour souvent d’un projet clé, modeste, pour faire figure d ‘exemple. Il me semble qu’un des enjeux fort de la participation des habitants à agir sur leur territoire de vie, est lié à la notion de co-responsabilité territoriale, avec le rôle des collectivités à re-penser comme des facilitateurs des démarches de mobilisation. En résumé, attention à ne pas faire de la mobilisation des populations “une tarte à la crème”..mais quand la mobilisation a permis de faire progresser sur le terrain, les conditions de vie des habitants grâce à leur énergies soutenus par les collectivités..quelle plus-value sociale extraordinaire!! (exemple de projet en milieu rural)
    J’arrête là mon propos..à bientôt


    Rédigé par : PEZERIL Claudine | le 13 janvier 2014 à 13:51 |

    J’aime bien ce commentaire. Entre autre pour l’attention mise à définir le terme «collectivités», qu’on ne peut ce faisant confondre avec les termes «communautés» ou encore «société». Or au Québec (j’erre peut-être ici, prière de me corriger au besoin), les termes «collectivités» et «communautés» sont souvent employés a) comme quasi-synonyme ou b) comme une unité particulière (la communauté) qui entre dans la composition d’une unité plus grande (la collectivité). Cette précision française a évidemment ses inconvénients, entre autre de ne pas permettre d’entretenir une confusion sémantique dans laquelle il est facile de se plaire et de se complaire (une situation de faux dialogue entre acteurs civils souvent observée chez nous). Elle a par contre comme avantage d’être claire, donc «objectivable». Ce qui m’amène à reposer ma question : quand on cause, ici, de mobilisation collective, à quelle collectivité renvoie-t-on au juste? En court, je répondrais : «À un ersatz de ce que l’on retrouve dans les manuels de travail social américains». Mais on cause ici d’un sapré raccourci…


    Rédigé par : Gilles Roy | le 14 janvier 2014 à 09:10 |

    Suis d’avis qu’on ne mobilise pas n’importe qui sur n’importe quoi, ce sans qu’une finalité s’y attache. En général, on mobilise «certains» sur «quelque chose» (un «problème») afin d’entraîner un changement (une «solution»). Se mobiliser sans souhaiter qu’une amélioration en découle me paraît peu sensé et peu «motivant» (dans la durée en tous les cas).

    Le problème pour moi réside davantage dans la définition du terme «collectivité». Une «collectivité», ça ne se résume évidemment pas aux groupes ou encore aux institutions qui veillent à la représenter; ça touche aussi les populations réelles et les autres corps sociaux qui la constituent. Or bien des «mobilisations collectives» finissent par impliquer certains représentants (les organismes communautaires, les institutions publiques, les adhérents au «projet») au détriment d’autres identités possibles (les «parents», les jeunes «à risque» et les «petits employeurs», notamment), ce qui n’est pas sans signaler un déséquilibre des forces dans la définition implicite du terme «collectivité».


    Rédigé par : Gilles Roy | le 9 janvier 2014 à 11:28 |

    Mobiliser des gens et une collectivité demande du travail terrain, des efforts pour rejoindre, informer, sensibiliser et engager ces personnes. Le simple fait de mobiliser les gens n’est pas vain; chaque fois qu’une communauté y parvient, elle en sort gagnante. Cependant, j’ai en tête trop d’initiatives sans lendemain, des projets ponctuels où plein de gens se sont retrouvés, se sont révélés à eux-mêmes et aux autres qui, faute d’un plan plus large ou d’un objectif à plus long terme, se sont avérés un moment fort mais qui a eu comme conclusion que des gens se sont épuisés, et que cela s’arrête à la fierté d’avoir accompli quelque chose ensemble ( ce qui n’est pas rien tout de même). Je me souviens une phrase de Daniel Germain ( fondateur du Club des petits déjeuners) suite à la mobilisation mondiale contre la guerre en Irak ( que je paraphrase…): «Ce n’est pas tant que des centaines de millions de gens se soient réunis en même temps à travers le monde pour marcher contre la guerre qui m’impressionnent, c’est qu’ils se soient arrêtés de marcher immédiatement. On a mobilisé les gens sans planifier la suite.» Pour moi, le simple fait de mobiliser les gens d’une communauté n’est pas banale et a certainement des effets sur des gens. Mais pour changer la situation d’une communauté, cette mobilisation doit avoir un objectif plus global, modulable, modifiable, réorientable au fil de la mobilisation. De activités de mobilisation sans suite risquent de ne devenir que des activités de rassemblement collectif. Répétées quelques fois, de tels rassemblements populaires peuvent créer l’effet contraire, c’est-à-dire rendre la chose banale, et semer une certaine indifférence lors des prochains rendez-vous. Ce n’est pas de dire que tout cela n’en vaut pas la peine; c’est plutôt que les énergies requises pour réussir une mobilisation sont telles qu’il vaut la peine de prévoir le lendemain pour se concentrer à maintenir les gens mobilisés plutôt que de repartir une autre activité de mobilisation…


    Rédigé par : André St-Onge | le 18 décembre 2013 à 08:10 |

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